Histoire

Le département de la Creuse tire son nom de la rivière éponyme qui le traverse du sud au nord. Il est constitué principalement des deux anciennes parties du Comté de la Marche et sera institué officiellement le 22 janvier 1790. Son chef-lieu, Guéret, ne sera fixé qu’en 1791.

Territoire rural dont la principale richesse est la force de travail de ses habitants, la Creuse voit très tôt ses fils développer la pratique de la migration saisonnière. Le pays, manquant de ressources et de terres riches pour l’agriculture, pousse certains Creusois à quitter leur terre natale pour servir de main-d’œuvre sur les grands chantiers de construction, principalement à Paris et à Lyon.

Tous ces bâtisseurs travaillant à la réalisation, entre autres, du Panthéon, des Tuileries, du Louvre… seront nommés les Maçons de la Creuse. Cette émigration saisonnière éveille très tôt un esprit politique d’opposition chez des Creusois sensibilisés aux idées progressistes lors de leurs séjours à Paris notamment.

Pourtant, la révolution industrielle, faute de matières premières et de capitaux, sera de faible ampleur dans ce département. Martin Nadaud, lui-même maçon creusois devenu un homme politique de premier plan, est la figure emblématique de ce XIXème siècle. Cet esprit rebelle constituera, un siècle plus tard, un des ciments du maquis creusois, qui libèrera la Creuse de l’occupation nazie en juin 1944.

Auparavant, la Première Guerre mondiale aura été le théâtre d’une autre très forte émigration, dramatique et sans retour celle-ci, à l’occasion de laquelle la Creuse paiera un très lourd tribut.