L’histoire du Conseil Départemental

D’une extrême complexité sous l’Ancien Régime, l’organisation du territoire français en départements fut d’abord marquée par une tentative de quadrillage du pouvoir royal,. Depuis la Révolution, la logique toponymique prévaut.

À la veille de la Révolution française, l’organisation territoriale du royaume est « d’une extrême complexité » : les circonscriptions administratives, militaires, ecclésiastiques, judiciaires, fiscales ne se recoupent pas systématiquement. C’est alors la notion de provinces qui décrit au mieux l’espace vécu, même si ces provinces ne recouvrent pas forcément des territoires aux limites précises.

Simplifier la géographie administrative devient une nécessité, à laquelle tentera de répondre l’abbé Sieyès en septembre 1789 dans une obsession géométrique : la carte du royaume transformée en véritable damier, avec 80 départements carrés de 18 lieues sur 18, chacun divisé en 9 « communes » carrées, elles-mêmes divisées en 9 « cantons » également carrés, etc.

Cette tentative sera sans lendemain car, deux mois plus tard, la création des départements par la France républicaine s’inscrira, elle, dans un processus toponymique écartant les références aux provinces de l’Ancien Régime. Dès le 11 novembre 1789, l’Assemblée nationale constituante adopte le découpage en départements dont les noms sont choisis en fonction de la géographie et de l’hydrographie. La France est alors découpée en 83 départements, dont la taille a été établie afin qu’il soit possible de se rendre au chef-lieu en moins d’une journée de cheval depuis n’importe quel point du territoire départemental.